PLS chez la femme enceinte : côté gauche, seulement si elle respire
Oui, une femme enceinte peut être mise en position latérale de sécurité si elle est inconsciente mais respire normalement. Le réflexe à retenir est simple : côté gauche, appel au 15, 18 ou 112, puis surveillance de la respiration jusqu’à l’arrivée des secours.
Quand faire une PLS chez une femme enceinte ?
La position latérale de sécurité, ou PLS, ne se fait pas pour tous les malaises. Elle s’applique quand une personne est inconsciente, qu’elle ne répond pas quand on lui parle ou qu’on la stimule doucement, mais qu’elle respire normalement. Dans cette situation, la mettre sur le côté aide à garder les voies aériennes dégagées et limite le risque d’étouffement en cas de vomissements ou de salivation abondante.
Avant de la bouger, vérifiez rapidement trois points : la sécurité du lieu, la réaction de la personne, puis sa respiration. Si elle ne répond pas, basculez prudemment la tête en arrière si cela est possible, ouvrez la bouche si nécessaire, puis observez la respiration pendant 10 secondes : le thorax se soulève-t-il, entendez-vous un bruit respiratoire, sentez-vous de l’air expiré ?
Si elle respire normalement
Si la respiration est régulière et présente, la PLS est indiquée. Chez une femme enceinte, on choisit de préférence le côté gauche. Pendant qu’une personne réalise le geste, une autre peut appeler les secours. Si vous êtes seul, appelez le 15, le 18 ou le 112 dès que possible, et mettez le téléphone en haut-parleur si cela vous aide à garder les mains libres.
Si elle ne respire pas ou respire anormalement
Si la victime ne respire pas, ou si sa respiration est absente, très irrégulière, bruyante et inefficace, la priorité n’est pas la PLS. Il faut alerter immédiatement les secours et commencer les gestes de réanimation selon votre niveau de formation, notamment le massage cardiaque. La règle est simple : PLS si elle est inconsciente mais respire normalement ; massage cardiaque si elle ne respire pas normalement.
Pourquoi placer la femme enceinte sur le côté gauche ?
Le côté gauche est privilégié car, pendant la grossesse avancée, l’utérus peut comprimer de gros vaisseaux quand la femme est allongée sur le dos ou mal positionnée. Le point le plus souvent cité est la veine cave inférieure, qui participe au retour du sang vers le cœur. Si ce retour diminue, la mère peut avoir une baisse de tension et un malaise plus marqué, et l’oxygénation du bébé peut être moins favorable.
En plaçant la femme enceinte en décubitus latéral gauche, on cherche donc à limiter cette compression et à garder une circulation sanguine plus stable. Ce n’est pas seulement une question de confort. C’est un choix de positionnement adapté à la physiologie de la grossesse, surtout lorsque le ventre est volumineux.
Le côté droit est-il toujours interdit ?
Le côté gauche reste la priorité, mais une urgence ne se déroule pas toujours dans des conditions parfaites : espace étroit, obstacle, chute contre un meuble, blessure visible d’un côté, accès difficile. Si le côté gauche est impossible immédiatement, l’objectif prioritaire reste de protéger les voies aériennes et d’éviter l’asphyxie. Faites au mieux, alertez les secours, puis suivez leurs consignes. Si la position peut être ajustée sans danger, ramenez ensuite la victime vers le côté gauche.
En secours, le bon réflexe est de hiérarchiser les risques. D’un côté, la compression veineuse liée à une mauvaise orientation ; de l’autre, le risque immédiat d’obstruction des voies aériennes chez une personne inconsciente. Cette priorité évite de rester figé par peur de mal faire. Il vaut mieux agir vite pour protéger la respiration, puis ajuster le placement dès que possible.
Les gestes concrets pour mettre une femme enceinte en PLS
La PLS doit être réalisée avec calme, sans mouvements brusques. Si plusieurs personnes sont présentes, répartissez les rôles : une personne sécurise et positionne, une autre appelle les secours, une troisième surveille l’environnement ou guide l’arrivée des secours.
- Vérifiez la sécurité : éloignez si possible les dangers immédiats, comme la circulation, un objet coupant ou une source de chaleur.
- Testez la conscience : parlez fort, demandez “Vous m’entendez ?”, puis stimulez doucement les épaules sans secouer violemment.
- Contrôlez la respiration pendant 10 secondes : regardez, écoutez, sentez. Ne perdez pas de temps à chercher un pouls si vous n’êtes pas formé.
- Appelez ou faites appeler les secours : 15, 18 ou 112. Précisez qu’il s’agit d’une femme enceinte inconsciente qui respire.
- Préparez le retournement : placez le bras le plus proche de vous à angle droit, amenez l’autre main contre la joue, puis fléchissez la jambe opposée si cela est possible.
- Tournez-la vers le côté gauche : accompagnez le mouvement en tirant doucement sur la jambe fléchie et en maintenant la tête.
- Stabilisez la position : ajustez la jambe du dessus pour éviter qu’elle ne roule, gardez la bouche orientée vers le sol afin de faciliter l’écoulement des liquides.
- Surveillez sans interruption : contrôlez que la respiration reste normale jusqu’à l’arrivée des secours.
Ce qu’il faut dire aux secours
Au téléphone, soyez factuel. Indiquez le lieu exact, l’âge approximatif si vous le connaissez, le stade de grossesse s’il est connu, les circonstances du malaise ou de la chute, l’état de conscience, la présence d’une respiration normale et la position adoptée. Ne raccrochez pas tant que l’opérateur ne vous y invite pas : il peut vous guider pas à pas et adapter les consignes à la situation.
Grossesse avancée, traumatisme, vomissements : les précautions à connaître
Au 3e trimestre, le ventre est plus volumineux et le risque de compression de la veine cave inférieure devient plus concret. C’est dans ce contexte que le côté gauche prend toute son importance. Les professionnels peuvent utiliser une inclinaison latérale gauche d’au moins 30° selon le contexte, notamment lorsqu’un retournement complet n’est pas souhaitable ou pas réalisable. Pour un témoin non professionnel, le repère reste plus simple : inconsciente, elle respire, on la met sur le côté gauche et on appelle les secours.
En cas de suspicion de traumatisme
Après une chute, un accident de voiture ou un choc violent, on peut craindre une atteinte du dos, du cou ou du bassin. Pourtant, si la femme enceinte est inconsciente et respire normalement, la protection des voies aériennes reste prioritaire. Évitez les torsions inutiles, accompagnez le corps en bloc autant que possible, et demandez de l’aide si quelqu’un est présent. L’erreur serait de laisser la victime sur le dos, inconsciente, par crainte de la bouger, alors qu’elle risque de s’étouffer.
En cas de vomissements ou de gêne respiratoire
La PLS prend tout son sens lorsque la victime vomit ou risque de vomir. La bouche doit rester orientée vers le bas pour permettre aux liquides de s’écouler. Ne mettez pas vos doigts dans sa bouche à l’aveugle, sauf si un corps étranger visible peut être retiré facilement. Surveillez la respiration : si elle devient absente ou anormale, il faut recontacter immédiatement les secours si vous ne les avez pas déjà en ligne et suivre les consignes de réanimation.
Repères rapides pour décider sans hésiter
En situation d’urgence, un tableau simple peut aider à garder le bon enchaînement. Il ne remplace pas une formation aux premiers secours, mais il clarifie les décisions essentielles.
| Situation observée | Geste prioritaire | Point clé |
|---|---|---|
| Femme enceinte consciente | La rassurer, l’installer confortablement, appeler si malaise sérieux | Ne pas forcer la PLS si elle est consciente et respire bien |
| Inconsciente mais respire normalement | PLS sur le côté gauche | Surveiller la respiration jusqu’à l’arrivée des secours |
| Inconsciente et ne respire pas normalement | Alerte immédiate et massage cardiaque selon les consignes | La PLS n’est pas le bon geste dans ce cas |
| Grossesse avancée ou 3e trimestre | Côté gauche à privilégier fortement | Réduire le risque de compression veineuse |
Pour mémoriser la règle, gardez cette phrase courte : enceinte inconsciente qui respire, côté gauche et secours. Le plus important est de ne pas rester spectateur. Vérifier la respiration, appeler le 15, le 18 ou le 112, placer la victime sur le côté gauche et surveiller : ces gestes simples peuvent faire une différence décisive avant l’arrivée des professionnels.



